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lundi, février 26, 2024
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Nos lois et nos mœurs ( par Jaques Lewa Leno)

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C’est tout l’intérêt d’une transition qui aide à refonder notre État. Nous pouvons vouloir aller vite, mais si nous n’interrogeons pas notre société, nous risquons de nous tromper. Les mêmes débats demeureront autour des lois qui gouvernent notre pays. Aucun pays européen n’a adopté une constitution en ignorant les valeurs sociales. L’Europe occidentale, profondément chrétienne, adopte des textes qui promeuvent la liberté et l’égalité.

Et même si les différents pays défendent la laïcité, ils adoptent et gouvernent avec les textes qui reprennent des valeurs profondément chrétiennes. Lorsqu’ils s’engagent à défendre jalousement l’Europe, ils parlent au-delà des questions économiques, de la civilisation qui leur est chère. C’est l’Europe des monuments, des statuettes et du bon vin. Cette Europe n’est pas seulement défendue, mais elle est promue dans les textes de lois. Nos gouvernants des pays francophones surtout, n’ont pas fait d’effort pour doter les différents pays de textes propres à nos valeurs africaines. Et nous voilà plus de 60 ans après les indépendances, sans constitution qui prennent en compte les coutumes et les mœurs des différentes communautés. Nos ancêtres avaient leurs façons d’administrer les territoires, établir la justice et organiser la société. Nos ancêtres réussissaient à maintenir l’équilibre social. Les interdits qui n’étaient pas écrits, étaient respectés à la lettre. Les pactes ont été signés verbalement, mais respectés aussi. Les communautés qui ne se connaissaient pas, ont pu se rapprocher et fonder des royaumes forts et riches. C’est l’Afrique qui a existé et qui a besoin d’être revisité avec respect, d’abord par nous-mêmes. C’est pourquoi nous pensons que cette transition est une opportunité pour les guinéens de poser le vrai débat de société. Nous n’avons aucun intérêt à nous lancer dans la reproduction d’une constitution qui ne s’appuie pas sur les valeurs sociales. Une constitution et les textes règlementaires qui en découleront, doivent pour une fois, refléter, nos modes de vie et nos croyances. Il n’y a pas de mal à le faire. Le plus important sera de trouver le juste milieu. Des politiques et activistes de la société civile doivent intégrer cela, que de se focaliser sur une question de délai que la transition devrait prendre. Notre code civil, dont la dernière révision n’a pas permis de trancher la question de la polygamie, nous laisse voir le complexe d’une certaine élite guinéenne qui a peur de s’assumer. La polygamie n’est pas seulement autorisée par l’islam, elle est encouragée par toutes les traditions guinéennes. Ce n’est donc pas une question de religion. Le débat actuel autour des principes légaux de la célébration d’un mariage illustre bien ce que nous disons. Lorsqu’on parle de la refondation, c’est cela. Dire ce qui marche, indexer ce qui ne nous correspond pas du tout, mais que nous voulons copier ailleurs à tout prix. L’intelligence voudrait qu’on choisisse la nouvelle voie à suivre. Un politique qui ne porte pas une telle réflexion au sein de son parti pendant cette transition, ne mérite pas que nous considérions son discours. Connaître la Guinée, c’est connaitre sa culture. Connaitre la Guinée, c’est connaitre ceux qui la peuplent ainsi que leurs valeurs traditionnelles. Dans la Guinée de demain, nous ne devrions plus avoir ce qui est interdit par nos coutumes, autorisé par nos lois et vice versa. C’est en cela que la transition sera utile.

Jaques Lewa Leno, journaliste au groupe Hadafo Médias

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